3 surprenantes leçons d’une timide au travail

Un rejet récent de ma candidature à un poste m’a poussé à faire une introspection, pour étudier mon rapport à la timidité et répondre à certaines questions : est-ce que cela limite ma progression professionnelle ? Ai-je atteint mes limites dans la gestion de la timidité ? En le faisant, j’ai appris 3 choses sur la timidité au travail que je vous partage dans cet article.

1. La timidité n’est pas l’ennemi absolu à abattre !

Tout timide qui se reconnaît est passé par cette phase où on est enfermé entre l’envie de s’en débarrasser et la frustration de ne pas y arriver. À vouloir se débarrasser de notre timidité on occulte une grande partie de notre être, on inhibe ainsi une partie de notre développement et de notre épanouissement. On se trompe d’adversaire !

Avant de parler de vaincre sa timidité, il faut d’abord la comprendre. Je suis plutôt introvertie de tempérament. Mais quelques événements majeurs, voire traumatisants dans mon parcours m’ont rendu timide au travail. Tout d’abord, l’échec. J’ai connu mon plus gros échec il y a une dizaine d’années sur les bancs de la Fac. J’avais perdu confiance en moi, même si cela ne m’a pas empêché d’intégrer une école d’ingénieurs. En plus, j’ai vécu une expérience professionnelle difficile. Un harcèlement psychologique, qui m’a poussé à croire que je ne pourrais jamais être ingénieure, que j’étais stupide, une bonne à rien. Je me suis davantage repliée sur moi-même.

Ce travail d’introspection m’a permis de comprendre comment avec le temps, j’ai travaillé ma légitimité et mon assurance au boulot. Le problème n’est pas d’échouer, mais de tirer profit de cet échec. Continuer de pleurer sur ses échecs passés, c’est être comme un chirurgien qui continue de pleurer, car il avait eu un 05/20 en SVT au collège. Vous voyez le portrait ? Ridicule, n’est-ce pas ? Pourtant, c’est ce que j’ai fait pendant des années en laissant l’échec du passé et les paroles de ce manager me hanter, m’emprisonner dans cette cellule nommée TIMIDITÉ.

Le pas qui sépare un timide du reste, c’est la confiance en soi et l’art de s’affirmer. Si tu es timide, apprends comme moi à te baser sur tes victoires quotidiennes (animation de réunion, intervention, échange, réussites, défis relevés…) pour continuer à t’affirmer dans ton boulot et n’oublie pas, tu es légitime, tu as les compétences et tu as été choisi(e) pour ce job car tu es qualifié(e).

2. La timidité n’est pas une fatalité !

La première chose qu’on remarque lorsqu’on me croise pour la première fois, c’est ma timidité. À tous les entretiens d’embauche ou rencontres professionnelles, j’ai droit à un : « Vous êtes timide, êtes-vous sûre d’y arriver ? … ». Et cela ne change pas dans les routines quotidiennes, notamment quand je suis en open-space : « On ne t’entend pas, ah, tu étais là ? Tu es tellement silencieuse… ». Après toutes ces années à développer la confiance en moi et ma capacité à m’affirmer, je suis toujours timide au travail et je continue à avoir les mêmes réflexions. Est-ce une fatalité ? NON. Suis-je obligée de choisir mon métier en fonction de ma timidité ? Là encore, je réponds NON. Toutefois, cela nécessitera certainement des efforts supplémentaires.

L’un des points bloquants au début de ma carrière fut la peur de prendre la parole en public, animer les réunions… Sur la suggestion d’une tutrice à l’école, j’ai pris des cours de techniques vocales, j’ai appris à maîtriser ma respiration quand je parle et à augmenter la portée de ma voix et surtout parler de manière audible. Quel que soit le moyen par lequel ta timidité se manifeste, il est possible de la dompter. Je suis timide, mais mon parcours professionnel m’emmène sans cesse à croiser de nouvelles personnes avec qui je collabore pour une durée plus ou moins longue. Je suis timide, mais cela ne m’a pas empêché de manager des réseaux de personnes, d’animer des sessions de formation et des groupes de travail, d’interagir avec des clients, etc. Cela fait partie des choses que j’apprécie le plus dans mon métier d’ingénieure, accompagner les entreprises à trouver des solutions à leurs problématiques.

On peut être timide, s’épanouir dans son boulot et faire évoluer sa carrière professionnelle. Que ce soit comme moi dans l’industrie, ou comme Zinedine Zidane dans le sport, Shy’m dans la musique ou encore Hilary Clinton dans la politique ; il n’existe aucune limite quand il s’agit d’accomplir ses rêves. Shy’m témoigne souvent de sa lutte contre certains complexes qui l’ont enfermé sur elle-même. D’ailleurs, son nom de scène Shy’m renvoie constamment à cette timidité qu’elle a sue embrasser. « Shy » est un mot anglais qui veut dire timide. Zinedine Zidane a une fois déclaré lors d’une interview qu’être timide l’a aidé dans la vie. Enfin, Hilary Clinton a affirmé lors d’une interview pendant la campagne pour les élections présidentielles 2016 qu’elle était « extra-introvertie », pour exprimer qu’elle est introvertie, timide, mais, vise une carrière plutôt orientée vers les autres d’où l’extra.

Il y a un pas entre les timides qui réussissent professionnellement et ceux qui échouent : la capacité à surmonter leur timidité et en faire une force.

3. La timidité n’est pas une tare, c’est une force !

Chaque jour, je me rends compte qu’être timide est un avantage concurrentiel dans mon travail. Voici quelques avantages que procurent le fait d’être timide au travail :

  • Un leadership unique et vrai : un timide sait faire preuve d’intelligence émotionnelle. Chacun a son style de leadership, j’ai appris à manager et à collaborer par la bienveillance et l’exemplarité.
  • Une personnalité unique : la timidité est un vrai garde-fou, car un timide n’est pas prompt à réagir, encore moins à imiter les autres. J’ai appris à rester moi-même et à composer avec qualités, réflexion, prudence et actions dans toutes mes activités au travail.
  • Un travail profond sur les faiblesses : un timide est constamment à la recherche de moyens pour grandir et s’épanouir, il est donc prompt à recevoir des enseignements, conseils et est constamment en apprentissage continu. À force de chercher comment surmonter ma timidité, je m’équipe pour palier mes faiblesses. Aujourd’hui je n’ai pas peur de la prise de parole en public par exemple.
  • Capacité à captiver mon public : vu qu’un timide est réservé et ne se met pas forcément en avant, il captive facilement quand il parle. Quand je parle en général tout le monde est à attentif et prêt à écouter, chacun accorde de l’importance à mes paroles.
  • Une figure rassurante : le timide renvoie souvent à la stabilité et à la sérénité. Je vois souvent des personnes m’approcher et m’exposer librement leur travail.

Notre manière de considérer notre timidité au travail influencera notre manière de la vivre ! Je vous encourage donc à faire ce travail d’introspection afin de comprendre votre timidité, ne pas hésiter à se faire accompagner pour les cas de timidité extrême par un coach, manager, un psy… Enfin, donnez vous des défis quotidiennement pour vous ouvrir davantage au monde qui vous entoure. Commencer par exemple par dire tout simplement : « Bonjour », ensuite, regardez votre interlocuteur dans les yeux, la prochaine fois, demandez-lui comment se passe son boulot, intéressez-vous à la personne. Ainsi, vous prendrez de l’assurance et vous serez confiant, car vous vous donnerez des repères au boulot, une zone de confiance.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire les livres suivants, considérés comme des ouvrages de référence sur le thème de la timidité :

Merveille Yoka

Bien plus qu'une passion pour l'écriture, je crois au pouvoir qu'ont les mots pour changer le cours des destins. Basés principalement sur mes expériences, mes écrits ont pour but d'inspirer, motiver et encourager.

Merveille Yoka
A propos Merveille Yoka 1 Article
Bien plus qu'une passion pour l'écriture, je crois au pouvoir qu'ont les mots pour changer le cours des destins. Basés principalement sur mes expériences, mes écrits ont pour but d'inspirer, motiver et encourager.

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